Vidéo – Stanley Kubrick – Les sociétés secrètes et la pédocriminalité – Décodage du film «Eyes Wide Shut» (Complet)

Une version plus complète encore, que je vous conseille depuis
[Partie 2] 
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Article « The Hidden (And Not So Hidden) Messages in Stanley Kubrick’s “Eyes Wide Shut” sur Vigilant Citizen. 

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Les Temps de la Fin – Actu[Partie 1 à 3]
Décodage du film – « Eyes Wide Shut » de Stanley Kubrick

Vidéo :
Stanley Kubrick – Les sociétés secrètes et la pédocriminalité :

Décodage du film –  « Eyes Wide Shut » de Stanley Kubrick [Partie 1]

© Vigilant Citizen, traduction par le Bistro Bar Blog, le 8 Juillet 2013

“Eyes Wide Shut” a été présenté comme un film torride à suspense mettant en scène « le » couple de l’année : Tom Cruise et Nicole Kidman. Bien que les acteurs aient été mis très en évidence dans le film, c’est ce qu’on voit autour d’eux qui raconte la vraie histoire de « Eyes wide shut ». L’attention aux détails et au symbolisme du réalisateur Stanley Kubrick a donné au film une toute autre dimension – invisible pour ceux qui ont « les yeux grand fermés ». Cette série en plusieurs parties va étudier le symbolisme caché de l’ultime film de Kubrick.

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Je me souviens de la première fois où j’ai regardé EWS, en 1999. Fichtre, que je l’ai détesté. J’ai détesté sa lenteur, j’ai détesté la manière dont Nicole Kidman essayait de paraître saoule ou défoncée et j’ai détesté voir Tom Cruise parcourir New York en faisant semblant d’être inquiet. Je pense avoir réagi comme les critiques à l’époque de la sortie du film et je pensais : « Ce film est ennuyeux et il n’y a rien de torride dedans ». Plus de dix ans après, doté d’un peu plus de patience et de connaissances, je l’ai regardé de nouveau … et j’en suis resté bouche-bée. En fait, comme la plupart des films de Kubrick, un livre entier pourrait être écrit sur le film et les concepts qu’il expose. EWS ne parle pas que d’une relation, il parle de toutes les forces et influences extérieures qui définissent cette relation. Il parle de l’éternel chassé-croisé entre les principes masculin et féminin dans un monde confus et décadent. De même, plus important, il parle du groupe qui gouverne ce monde moderne – l’élite secrète qui canalise ce combat entre les principes masculin et féminin de manière spécifique et ésotérique. Le film pourtant n’explique rien clairement. Comme tout grand art, les messages sont communiqués au travers de subtils symboles et de mystérieuses énigmes.

Stanley Kubrick est mort de manière inattendue juste cinq jours après avoir soumis le découpage final du film à la Warner Bros, faisant de EWS son chant du cygne. Du fait que EWS parle d’une société secrète occulte qui élimine ceux qui croisent son chemin, certaines théories ont émergé sur la mort de Kubrick et sa nature suspecte. En a-t-il trop révélé au public et trop tôt ? Peut-être. 

Analysons les principaux thèmes de la dernière création de Kubrick.

Un couple moderne

Les vedettes de EWS ont formé « le » couple de l’année 1999. Tom Cruise et Nicole Kidman. Ceux qui attendaient du film une sorte d’expérience de voyeurisme montrant des scènes érotiques du couple ont été probablement désappointés. Les spectateurs ont plutôt vu un couple froid, égoïste et profondément insatisfait, couple qui semble être lié non par pur amour, mais par d’autres facteurs, comme les convenances et les apparences. Bien que le couple soit très « moderne » et « distingué », les forces qui conservent l’union sont le résultat d’un comportement basique, primaire et presque animal. Si nous regardons le comportement instinctif des humains et des animaux, les mâles observent en priorité les femelles qui possèdent de bonnes qualités en tant que mères porteuses alors que les femelles recherchent un soutien de famille fort. Des réminiscences de ce comportement existent toujours aujourd’hui avec les hommes qui ont tendance à exposer richesse et pouvoir pour attirer les femmes alors que les femmes mettent en valeur leur beauté pour attirer les hommes. Dans EWS, le couple suit parfaitement ce scénario instinctif.

Le personnage de Tom Cruise s’appelle Dr Bill…comme le dollar (bill en anglais = billet, NdT). Plusieurs fois pendant le film, Dr Bill ou bien agite des billets ou son insigne de médecin sous le nez des gens pour obtenir d’eux ce qu’il désire. Bill fait partie de la classe aisée et ses relations au monde de la classe populaire sont souvent résolues avec de l’argent.

Pour faire attendre le chauffeur de taxi devant la résidence de l’élite, Dr Bill déchire un billet de cent dollars et promet de donner l’autre moitié à son retour. Le leitmotiv de Dr Bill est probablement « Tout le monde a un prix ». Sa propre femme a-t-elle un prix ?

Jouée par Nicole Kidman, Alice a perdu son travail dans le monde artistique et est aujourd’hui totalement entretenue par le salaire de son mari. Alors qu’elle vit très confortablement, Alice semble mener une vie extrêmement ennuyeuse de mère au foyer. Le nom Alice est très probablement une référence au principal personnage de Alice au pays des merveilles – un conte de fées parlant d’une fillette privilégiée qui a une vie ennuyeuse et qui « traverse un miroir » pour se retrouver au pays des merveilles. Dans EWS, Alice est souvent vue se regardant dans un miroir – s’occupant de son apparence ou…recherchant peut-être quelque chose d’autre dans la vie.

On montre souvent Alice devant un miroir qui se fait belle. Au début du film, presque tous ceux qui parlent d’elle mentionnent son aspect physique. Sa fille Héléna (nommée peut-être d’après Hélène de Troie, la femme la plus belle du monde) la copie.

La photo de promotion du film présente Alice embrassant Bill tout en se regardant dans un miroir, presque comme si elle voyait une autre réalité.

Bien que le couple montre des signes de fatigue, Bill et Alice mettent leurs « masques du bonheur » quand vient le moment d’assister à des manifestations sociales. Comme les gens de l’élite avec qui ils entrent en relation, il existe une grosse différence entre la façade qu’ils exhibent et la réalité.

Se frotter à l’élite

Bill et Alice se rendent à une soirée donnée par Victor Ziegler, l’un des riches patients de Bill. À en juger par la demeure de Victor, il n’est pas juste riche, il fait partie de l’ultra-élite. Alors que sa soirée est très élégante et fréquentée par des gens cultivés, il ne faut pas longtemps pour que les spectateurs réalisent que cette façade cache une répugnante face sombre. Également, de petits détails introduits par Kubrick laissent entendre qu’il y a un lien entre la soirée et le rituel occulte qui se passe plus loin dans le film.
Introduits dans la soirée, la première chose que nous voyons, c’est cette bizarre décoration de Noël. On retrouve cette étoile à huit branches dans toute la maison.
L’étoile dans la maison de Zeigler est presque identique à l’ancien symbole de l’étoile d’Ishtar.

Connaissant l’attention aux détails de Kubrick, inclure l’étoile d’Ishtar dans cette soirée n’est pas accidentel. Ishtar est la déesse babylonienne de la fertilité, de l’amour, de la guerre et surtout, de la sexualité. Son culte sous-entendait une prostitution sacrée et des actes rituels – deux éléments que nous voyons clairement plus loin dans le film.

« Les babyloniens donnaient le samedi à Ishtar des offrandes de nourriture et de boisson. Puis ils se joignaient dans des actes rituels de relations sexuelles, qui invoquaient à leur tour la faveur d’Ishtar sur la région et son peuple pour promouvoir santé et fécondité durables. »
– La déesse Ishtar, Anita Revel

On considérait Ishtar elle-même comme une « courtisane des dieux » et elle avait de nombreux amants. Tout en étant inspirée au lit, elle se montrait aussi cruelle envers les hommes qui s’attachaient à elle. Ces concepts réapparaîtront constamment dans le film, spécialement avec Alice.

Pendant la soirée, Bill et Alice vont chacun de leur côté et font tous deux face à la tentation. Alice rencontre un homme nommé Sandor Szavost qui lui pose des questions sur l’Art de l’Amour d’Ovide. Cette série de livres, écrite à l’époque de la Rome antique, était essentiellement un guide du « Comment tromper son partenaire », et il était populaire parmi l’élite de l’époque. Le premier livre commence avec une invocation à Vénus – planète associée ésotériquement au désir. Chose intéressante, Ishtar (et ses équivalences dans d’autres cultures sémites) était considérée comme la personnification de Vénus.

Sandor boit dans le verre d’Alice. Ce « truc » est tiré droit de l’Art de l’Amour d’Ovide. Il envoie à Alice un message pas vraiment subliminal : « Je veux échanger des fluides avec vous ».

Le nom Sandor pourrait être une référence au fondateur de l’Église de Satan : Anton Szandor Lavey (dont Vigilant Citizen avait parlé dans l’article sur Marylin Monroe). Est-ce une façon pour Kubrick de dire que cet homme, qui presse Alice de tromper son mari, fait partie de l’élite occulte et de ses manières décadentes ? Cet hongrois est apparemment instruit en programmation neuro-linguistique car il hypnotise presque Alice avec ses phrases bien calculées sur la futilité du mariage et la nécessité de mener une vie de plaisir.

Pendant ce temps, Bill discute avec deux mannequins séductrices qui lui disent qu’elles veulent l’emmener « où finit l’arc-en-ciel ». Bien que la signification de cette phrase énigmatique ne soit jamais expliquée avec précision dans le film, les symboles parlent d’eux-mêmes.

Des arc-en-ciels partout

Des arc-en-ciels et des lumières multicolores apparaissent tout le long du film, du début à la fin.

Le nom du magasin où Bill loue son costume s’appelle « Arc-en-ciel »(Rainbow en anglais). Le nom du magasin en dessous « Sous l’arc-en-ciel ». Kubrick essaie de dire quelque chose… Quelque chose impliquant des arc-en-ciels.

Comme pour souligner le thème des arc-en-ciels multicolores, presque toutes les scènes du film contiennent des illuminations de Noël multicolores, donnant à la plupart des scènes une ambiance brumeuse de songe.

Presque à chaque fois que Bill entre dans une pièce, les premières choses que nous voyons sont des illuminations de Noël multicolores.
Les illuminations de Noël sont parfois le point de mire.

Ces lumières relient la plupart des scènes du film, les rendant partie intégrante d’une même réalité. Il y a pourtant quelques lieux choisis où il n’y a absolument aucune lumière. Le principal est Sommerton palace – l’endroit où se passent les rituels secrets.

Contrastant vivement avec le reste du film, Sommerton est complètement dépourvu de lumières multicolores. Tout ce qui fait cet endroit est en totale opposition avec le « monde extérieur ».

Dans EWS, il existe donc deux mondes : le « monde de l’arc-en-ciel » avec les lumières de Noël, où errent les masses, essayant de joindre les deux bouts et l’autre monde… « Où se finit l’arc-en-ciel » – où l’élite se rassemble et accomplit ses rituels. Le contraste entre les deux mondes donne un sentiment de division presque insurmontable entre eux. Plus loin, le film nous montrera clairement comment ceux du « monde de l’arc-en-ciel » ne peuvent pénétrer dans l’autre monde.

Donc quand les mannequins demandent à Bill d’aller « où se finit l’arc-en-ciel », elles parlent probablement d’aller « où l’élite se rassemble pour pratiquer des rituels ». Cela pourrait signifier aussi qu’elles ont été dissociées en esclaves de programmation Beta. On trouve plusieurs références au contrôle de l’esprit Monarque dans le film. Les femmes qui prennent part aux rituels de l’élite sont souvent des produits Illuminati du contrôle de l’esprit. Dans le vocabulaire MK Ultra, « aller au-dessus de l’arc-en-ciel » veut dire se dissocier de la réalité et faire entrer un autre personna (d’autres infos à ce sujet dans le prochain article).

Les mannequins demandent à Bill de quitter « le monde de l’arc-en-ciel » (il y a un arbre de Noël derrière elles) et s’autoriser les rituels de débauche de l’élite occulte.

Derrière le voile

Le flirt de Bill avec les mannequins est interrompu quand Ziegler le fait venir dans sa salle de bains. Nous y découvrons un premier aperçu de « où se termine l’arc-en-ciel » – la sombre vérité sur l’élite.

Bill retrouve Ziegler dans sa gigantesque salle de bains. L’homme est en train de s’habiller et il y a avec lui une femme nue inconsciente… qui n’est pas sa femme.

Si on revient un peu en arrière, quand Bill et Alice sont arrivés à la soirée, ils ont été accueillis par Ziegler et sa femme dans une pièce remplie d’illuminations de Noël. Nous avons vu deux couples respectables parlant de choses respectables dans une pièce emplie de lumières féeriques. Mais quand Bill se rend « où se termine l’arc-en-ciel » (remarquez qu’il n’y a pas d’illuminations dans la salle de bains), nous découvrons la réalité : Ziegler avec une esclave de programmation Beta qui a pris une overdose de barbituriques. Quand la femme sort de son inconscience, Ziegler lui parle d’une étrange manière paternaliste, insistant sur le fait qu’il est le maître et qu’elle est l’esclave. Le cadre luxueux de cette scène est une manière pour Kubrick de dire qu’une très grande richesse ne veut pas forcément dire une haute moralité.

Ziegler presse ensuite Bill de garder secret tout ce qu’il vient de voir. Le monde « où finit l’arc-en-ciel » ne doit jamais être révélé au monde extérieur. Il fonctionne dans son propre espace, possède ses propres règles et dépend de l’ignorance des masses.

Remise en question du mariage 

Tout en rejetant finalement les avances de Sandor, Alice a ressenti néanmoins un intérêt à celles-ci. Le jour suivant, Alice dit à Bill qu’elle aurait pu le tromper pendant la soirée. Quand Bill dit à sa femme qu’il l’aime et lui fait confiance, elle change complètement. Puis elle commence à lui raconter qu’elle a failli une fois le tromper avec un officier de marine qu’elle avait rencontré dans un hôtel. Cette révélation cruelle fait ressortir le côté « Ishtar » d’Alice car elle entraîne chez son mari des sentiments de jalousie, d’insécurité, de trahison et même d’humiliation. En bref, Alice a rassemblé tout ce qui est négatif pour faire éclater la « bulle d’amour » de Bill. Cette prise de conscience pousse Bill à s’embarquer dans un étrange voyage autour de New York qui contient plusieurs niveaux de signification. Cette nuit étrange le conduira finalement à l’exact opposé d’une relation monogame : à des copulations anonymes, masqué, avec des étrangères, dans un cadre rituel. 

Conclusion de la première partie

La première partie de cette série sur EWS a donné un aperçu sur Bill et Alice, couple moderne qui a le « privilège » de se mêler à l’élite de New York. Bien que tout semble super à la surface, Kubrick dit rapidement aux spectateurs de ne pas se faire tromper par les apparences et de ne pas être impressionné par des exhibitions de richesse. Parce que, derrière le « monde de l’arc-en-ciel », existe une réalité sombre et perturbante, que Kubrick expose de manière subtile au cours du film.

Bill et Alice ne sont que des « invités » dans le cercle de l’élite, mais ils sont néanmoins fascinés et attirés par lui. Ils voient dans ce mode de vie une manière de combler leurs besoins obscurs et secrets. Dans la prochaine partie de cette série, nous verrons la signification occulte du voyage de Bill, récit raconté par de subtils symboles saupoudrés tout au long du film.

Source
Traduit par le BBB

Décodage du film de Kubrick Eyes Wide Shut [2ème partie]

Les messages plus ou moins cachés du film de Stanley Kubrick, « Eyes Wide Shut » (partie II)

La deuxième partie de cette série d’articles sur Eyes Wide Shut examine de plus près la société secrète de l’élite découverte par le principal personnage du film, Bill Hartford, et de quelle manière elle ressemble à des organisations de la vie réelle. Stanley Kubrick essayait-il d’attirer l’attention du monde sur l’élite occulte et ses habitudes dépravées ?

Il est recommandé de lire d’abord la première partie du décodage. 

Dans la première partie de cette série sur EWS, nous avons porté notre attention sur les principaux personnages du film et sur le monde symbolique que Kubrick a créé autour d’eux. Nous avons vu que Bill et Alice Hartford sont un couple marié de la haute société non exempt des tentations de l’adultère. Nous avons vu aussi que le couple était en contact avec le « gratin » new yorkais et ses manières décadentes – un monde qui fascine Bill, mais qui possède un côté sombre, caché au public. Dans cet article, j’irai droit à la partie la plus déstabilisante du film : le rituel de la société secrète.


Quand Bill apprend que sa femme a envisagé de le tromper, il s’embarque dans une étrange série de rencontres (que j’analyserai dans la troisième et dernière partie de cette série), et aboutit finalement dans une luxueuse maison de Long Island où il rencontre un rassemblement d’individus masqués partageant un rituel occulte. Comme il n’a jamais été initié dans cette société secrète, Bill ne supposait même pas que cela puisse exister, le laissant seul témoin de l’une de ces « rencontres ». Comment a-t-il donc découvert cette chose ? Hé bien, c’est son petit doigt qui le lui a dit.

Nick Nightingale

À un moment de son étrange nuit, Bill rencontre son vieil ami Nick Nightingale dans un café-jazz. Le joueur professionnel de piano révèle à Bill qu’il est parfois engagé par des gens mystérieux pour jouer, les yeux bandés, dans de mystérieuses soirées remplies de jolies femmes. Ce croustillant élément d’information intrigue Bill au plus haut degré parce que, depuis la conversation avec sa femme, il semble rechercher une certaine …expérience. Nick fait finalement une grosse erreur en acceptant de fournir à Bill toutes les informations nécessaires pour accéder au lieu.

Un nightingale (le rossignol, traduit mot à mot signifie « tempête nocturne », NdT) est un genre d’oiseau connu pour chanter la nuit, juste comme Nick Nightingale « chante » l’information secrète au début de la nuit fatale de Bill.

Le mot de passe pour pénétrer dans le rituel est « Fidélio », ce qui signifie « fidélité », le thème central du film. Plus important, comme le souligne Nightingale, « Fidélio » est le nom d’un opéra écrit par Beethoven (L’unique opéra composé par Beethoven et écrit en 1804, NdT)) qui parle d’une femme qui se sacrifie pour arracher à la mort son mari prisonnier politique. Ce mot de passe annonce en fait ce qui va se passer pendant ce rituel.

Après avoir obtenu les détails par Nightingale, Bill loue un costume dans un magasin du nom de « Arc-en-ciel »(on reparlera du magasin dans l’article suivant) … et ensuite se dirige vers Somerton, la résidence où se passe la soirée.

L’élite occulte 

Le rituel occulte se déroule à Somerton, Long Island. L’édifice qui a servi à filmer la scène extérieure est Mentmore Towers au Royaume-Uni.

L’endroit choisi pour filmer les scènes avec l’élite est tout à fait intéressant. Mentmore Towers a été construit au 19ème siècle comme maison de campagne pour un membre d’une famille de l’élite la plus célèbre au monde : les Rothschild. En choisissant cet endroit, Kubrick voulait-il tenter de montrer à ses spectateurs les équivalents « grandeur nature » de l’ultra-élite montrée dans le film ? Coïncidence, le nom de celui qui met Bill en relation avec l’élite, Victor Ziegler, est d’origine germano-juive, comme les Rothschild.

On sait que les Rothschild prennent part en réalité à des soirées masquées semblables à celles montrées dans EWS. Voici quelques rares photos prises dans une soirée donnée en 1972 par Marie-Hélène de Rothschild.

La baronne Marie-Hélène de Rothschild et le baron Alexis de Redé pendant une soirée en 1972. Les invitations ont été imprimées avec une écriture inversée. On se demande si cette soirée a « dégénéré » en quelque chose ressemblant à ce qu’on voit dans EWS.

Dans le film, quand Bill entre dans la demeure, il se mêle à une foule de gens masqués observant en silence un rituel. L’une de ces personnes semble reconnaître Bill tout de suite (ou par le fait qu’il n’est pas un habitué).

Un couple portant des masques vénitiens (plus spécifiquement des masques type « bouffon du roi » et bauta (= qui ne recouvre le visage que du front au nez) se tourne lentement vers Bill et hoche la tête d’une manière très étrange. Est-ce Ziegler et sa femme ? Peut-être. Kubrick aime conserver un certain mystère.

À l’origine, les masques vénitiens se portaient du temps de la Renaissance italienne à Venise et étaient un moyen pour l’élite de l’époque de se livrer à la débauche sans peur des représailles.

« Bien qu’on ne puisse être parfaitement sûr de l’origine précise de la tradition du port d’un masque, la théorie qui prévaut serait celle-ci : au début de la Renaissance italienne, Venise était un empire marchand extrêmement riche et puissant. Sa position sur la mer Méditerranée lui offrait une quantité d’opportunités commerciales en Europe, en Afrique du nord et en Asie mineure, et sa flotte prospère lui permettait d’exercer une force militaire nécessaire à la défense de ses vastes richesses. Dans un état-cité si florissant, il n’est pas étonnant que la société vénitienne soit obsédée par la notion de classe sociale et qu’elle soit structurée en couches très rigides. Le standing de l’individu était immensément important pour la représentation de sa famille toute entière et donc naturellement il existait une pression énorme et étouffante pour se comporter en accord avec les mœurs sociaux gouvernant le statut social. Les vénitiens, selon cette théorie, adoptèrent la coutume de porter des masques et autres déguisements pendant la saison du carnaval comme moyen d’alléger l’ordre social rigide. Sous un masque anonyme, les citoyens de Venise pouvaient lever leurs inhibitions sans peur des représailles. Les masques devinrent si populaires que les mascherari (fabricants de masques) devinrent une confrérie vénérée de la société vénitienne. Cependant, la célébrité du carnaval vénitien s’étant répandue, de plus en plus d’étrangers venaient assister chaque année aux festivités. Les célébrations du carnaval devinrent de plus en plus désordonnées et débauchées au fil des ans jusqu’à leur déclin au 18ème siècle. »

– Geoffrey Stanton, Guide to Venetian Carnival Masks

Depuis lors, les masques vénitiens ont été utilisés dans les cercles de l’élite et sont devenus plus ou moins le symbole de sa philosophie occulte. Même la famille royale britannique semble apprécier ce type de masques et d’événements.

Le prince Charles et la duchesse Camilla à Clarence House avec des masques bauta.

Cet événement royal particulier montrait des femmes masquées qui n’étaient pas vêtues comme celles du rituel de EWS.

Mannequins accompagnant la soirée de la famille royale.

Il semble évident que Kubrick a soigneusement choisi une propriété des Rothschild et trié sur le volet les masques portés par les participants du rituel, faisant écho à des familles et événements de la vie réelle.
Le cadre du rituel

Quand Bill entre à Somerton, tout change dans le film. Il n’y a plus d’illuminations de Noël ni de décorations kitsch. Remplaçant les bavardages incessants, tout devient calme et silencieux.

Regardant fixement la caméra (et les spectateurs du film), des masques effrayants silencieux mais pourtant des rappels perturbants des « vrais visages » de l’élite. Remarquez que le masque multi-face sur la gauche est semblable à celui porté pendant la soirée royale ci-dessus.

La musique du film change aussi radicalement. L’air qu’on entend en bruit de fond (lien) s’appelle « Incantations inversées », elle fait partie d’une liturgie roumaine orthodoxe interprétée à l’envers. L’inversion ou le renversement d’objets sacrés est typique de la magie noire et des rituels sataniques. Avec cette liturgie chrétienne interprétée à l’envers juste avant des fornications est le moyen pour Kubrick de dire que l’élite est rien moins que satanique.

Nous voyons ici Nick Nightingale interprétant « Incantations inversées », signifiant que les gens du rituel entendent en fait cette musique et que le tout est chorégraphié dans ce but. Nightingale a les yeux bandés parce que le « profane » ne peut être témoin des rituels occultes de l’élite.

Les scènes en intérieur de la soirée ont été filmées à Elveden Hall, une demeure privée au Royaume-Uni conçue comme un palais indien. Quand les « festivités » commencent, un chant tamil appelé « Migration » est joué en musique de fond, ajoutant à l’atmosphère indienne (la version originale de la chanson contenait une récitation des écritures de la Bhagavad Gita, mais le chant a été enlevé dans la version finale du film). Cette atmosphère indienne particulière, combinée aux scènes lascives dont Bill est témoin en parcourant la demeure, met l’accent sur la partie la plus importante mais la plus secrète du film : le yoga tantrique et ses dérivés dans l’occultisme occidental, la sexualité magique. Ce dernier concept a été « importé » par l’occultiste britannique Aleister Crowley et se trouve aujourd’hui au centre des enseignements de diverses sociétés secrètes :

Les liens d’Aleister Crowley avec le yoga et le tantra indiens étaient aussi importants que complexes. Crowley avait une expérience directe de certaines formes de ces pratiques et était un familier de la littérature contemporaine sur ces sujets, il écrivit beaucoup à leur sujet, et – ce qui est peut-être le plus important – il les mit en pratique. Dans son appréciation de la valeur du Tantra, il était en avance sur son temps, qui considérait le Tantra comme une forme dégénérée de l’hindouisme. Il déclarait par contre que « aussi paradoxal que puisse paraître le tantrisme, c’est en réalité le plus évolué de l’hindouisme ». L’influence de Crowley par son apport des traditions ésotériques orientales, particulièrement les traditions indiennes, en occident s’étend aussi à un ajout des éléments de yoga et de tantra dans la structure et le programme de deux ordres magiques influents, le AA (Astrum Argentum en latin = étoile d’argent, NdT) et le OTO (Ordo Templi Orientis) ».

– Martin P. Starr, Aleister Crowley and Western Esotericism

La citation ci-dessus stipule que les concepts du tantrisme ont été ajoutés à deux importantes sociétés secrètes : les AA et l’OTO. L’OTO est toujours extrêmement influent dans les cercles de l’élite et touche les plus hauts niveaux de la politique, du monde des affaires et même de l’industrie du spectacle. Au cœur de ces ordres on trouve Théléma, une philosophie créée par Aleister Crowley qu’il a résumé en disant « Fais ce que tu voudras ». Cette phrase est en fait une traduction du « Fais ce que tu voudras » (en français dans le texte, NdT), devise d’une célèbre société secrète du 18ème siècle, le Hellfire Club (littéralement « club du feu de l’enfer »). On disait des clubs Hellfire qu’ils étaient « des lieux de rencontres de ‘personnes de qualité’ qui souhaitaient prendre part à des actes immoraux et dont les membres étaient souvent impliqués dans la politique ». Selon plusieurs sources, leurs activités comprenaient des imitations de cérémonies religieuses, une adoration du diable et des rituels occultes. Bien que les détails restent vagues concernant ce club élitiste, il était connu pour pratiquer des rituels sataniques élémentaires comme prélude aux nuits de fornication. Ces actes n’étaient pourtant pas juste « pour s’amuser » ou pour « choquer les gens » comme certaines sources pourraient le prétendre, les membres étaient des initiés des mystères occultes et leurs rituels étaient basés sur d’anciens rites impliquant des invocations et d’autres formes de magie noire.

En bref, bien que Kubrick ne nomme jamais réellement la société secrète infiltrée par Bill, il y a suffisamment d’indices pour comprendre à quel genre de club il se réfère. Le plus important est de dire aux spectateurs : ces sociétés existent toujours … et elles sont plus puissantes que jamais.

Le rituel et ses participants

Le rituel commence avec un grand prêtre, habillé de rouge, en train de pratiquer un cérémonial de routine. Il se tient au centre d’un « cercle magique » formé par des jeunes femmes qui ressemblent beaucoup à des esclaves Beta Kitten (chatons). Plus tard, lorsque Bill est démasqué, un autre cercle magique est formé.

Le cercle magique est un concept utilisé dans les rituels magiques durant les invocations. La position des gens dans cette scène rappelle les cercles magiques. À droite : un cercle magique comme il figure sur d’anciens grimoires.

La dernière scène du film se passe dans un magasin de jouets – endroit empli d’objets hautement symboliques (j’en dirai plus dans le prochain article). Ici, Héléna Hartford passe à côté d’un jouet dont le nom est Cercle Magique – ce qui montre que des éléments de l’élite occulte s’insinuent par le biais de la culture populaire, mais qu’ils ne sont pas remarqués par ceux qui ont « les yeux grand fermés ».

Amanda

Au début du rituel, l’une des esclaves Beta va vers Bill et le pousse à quitter la maison avant qu’il ne soit pris. Nous apprenons finalement que c’est Amanda, la jeune femme qui s’était évanouie dans la salle de bains de Ziegler. Quand Bill se fait prendre et qu’il est (au sens littéral) démasqué par le grand prêtre, Amanda apparaît à un balcon d’une manière très théâtrale et dit au grand prêtre qu’elle veut prendre sa place, sur un ton qui touche au drame rituel. Le prêtre répond alors « Es-tu sûre de comprendre à quoi tu t’engages en faisant ceci ? » Ce qui implique qu’elle subira à plusieurs reprises des maltraitances et sera ensuite sacrifiée.
Le jour suivant, Bill découvre le réel pouvoir de cette société secrète.

Bill découvre dans un journal qu’on a trouvé Amanda morte dans une chambre d’hôtel suite à une overdose. Ce meurtre ritualisé déguisé en overdose ressemble beaucoup aux nombreuses morts rituelles de célébrités déguisées en overdose qu’on voit dans la vie réelle.

Si on fait un arrêt sur image pour lire les nouvelles concernant Amanda, nous apprenons d’importants détails sur ce qu’elle a vécu (intégration classique de Kubrick d’une intrigue secondaire cachée). Pour ceux « qui savent », l’article décrit parfaitement la vie d’une esclave de programmation Beta de l’industrie du spectacle (comme Marilyn Monroe). Nous apprenons en fait qu’Amanda était « perturbée émotionnellement » dans son adolescence et qu’elle a subi des « traitements » (mot codé pour programmation MK, peut-être?), qu’elle avait « des amis importants dans le monde de la mode et du spectacle », et qu’elle a eu une « aventure » avec un créateur de mode renommé qui a été embobiné par ses prestations privées provocantes « (comportement typique d’une Beta Kitten). Ce que l’article ne mentionne pas, comme par hasard, est qu’elle vendait son corps aux gens de l’élite et servait pour leurs rituels occultes.

Comme c’est le cas pour les Beta Kittens qui deviennent « décevantes », elle a été éliminée par ceux qui contrôlaient sa vie. L’article raconte qu’elle a été vue pour la dernière fois en train d’être ramenée dans sa chambre d’hôtel par deux hommes et qu’elle « riait bêtement » (droguée et dissociée ?). Comme pour les sacrifices faits dans la vie réelle par l’élite, on cite l’overdose comme cause de la mort.

Le grand prêtre

Habillé de rouge, le grand prêtre siège sur un trône qui représente un très important symbole : un aigle couronné 

L’aigle à deux têtes (ou aigle bicéphale, NdT) est l’un des plus anciens et des plus célèbres symboles de la Franc-Maçonnerie. Un aigle à deux têtes couronné symbolise le 33ème degré de la Franc-Maçonnerie, le plus haut degré accessible. Kubrick insinue-t-il que le grand prêtre est un franc-maçon du 33ème degré ?

Comme pour les autres participants du rituel, l’identité réelle du grand prêtre n’est jamais révélée. Kubrick a pourtant laissé quelques indices laissant entendre son identité et sa relation avec Amanda.

Dans les crédits à la fin du film (et des sources comme dans l’IMDB) [= Internet Movie Database, références du film sur internet, NdT], on trouve sur la liste que le rôle du grand prêtre est joué par « l’assistant directeur » du film, Leon Vitali. En lisant soigneusement l’article du journal mentionné ci-dessus, Leon Vitali est le nom du créateur de mode londonien avec lequel Amanda a eu une « aventure ». De plus, le grand prêtre a un accent anglais facilement reconnaissable. Nous pouvons donc déduire que le grand prêtre est le créateur de mode.

Gros plan sur l’article où est mentionné Leon Vitali.

Cette intrigue secondaire cachée est intéressante car elle révèle la vraie nature de l’industrie de la mode et du spectacle. Des individus de haut rang dans ces domaines sont initiés dans des sociétés occultes secrètes et font commerce d’esclaves MK.

Le pouvoir de la société secrète

Quand Bill est découvert par le grand prêtre, il est averti que lui et sa famille paieraient toute transgression. Le jour suivant, il réalise qu’il est suivi par des gens bizarres et il en devient paranoïaque. 

Le gros titre de ce journal est « Heureux d’être resté en vie ». Ce qui s’applique à Bill.

Juste après que Bill ait quitté la morgue pour reconnaître le corps d’Amanda, Ziegler l’appelle et l’invite chez lui.

Se déroulant dans la salle de billard de Ziegler, les échanges entre les deux hommes sont plus intenses que la partie de billard.

Bien que Bill soit un médecin aisé, il ne fait pas partie de l’élite. L’attitude de Ziegler envers Bill le fait clairement sentir. Alors que Ziegler semble vouloir être honnête et droit envers Bill, nous comprenons qu’il essaie simplement de cacher la laide vérité. Après tout, Bill est un « outsider ». Il dit à Bill :

« Je ne pense pas que vous réalisiez dans quel pétrin vous vous êtes fourré la nuit dernière. Qui pensez-vous avoir vu ? Ce n’était pas de simples gens ordinaires. Si je vous disais leur nom – et je ne le vous dirai pas – mais si je le faisais, je ne pense pas que vous passeriez une bonne nuit ».

Ziegler admet donc que les gens qui ont assisté au rituel étaient de haut niveau, bien connus et influents. Kubrick nous fait ainsi comprendre que les plus riches et les plus puissants décideurs du « monde réel » se rencontrent dans ce genre de rituel … et que ces rituels sont inaccessibles au profane.

Quand Bill mentionne Amanda, Ziegler se met sur la défensive et répond : « C’était une pute » – voulant dire qu’elle était une esclave Beta dont on pouvait facilement disposer. Ziegler dit ensuite à Bill que tout ce qui s’est passé pendant le rituel était une farce pour lui faire peur, et Bill réplique :

« Vous dites que c’est une farce. C’est quoi ce genre de putain de farce qui se termine par la mort ?

Ce qui souligne la différence fondamentale entre ce que perçoit le public des rituels occultes et ce qui se passe réellement. Les gens ordinaires sont amenés à penser que ces rituels de l’élite ne sont rien de plus que des rencontres bizarres entre gens oisifs. En réalité, ces rituels élaborés s’accompagnent souvent de tentatives réelles de magie noire, de réels sacrifices sanglants et d’autres actes horribles.

Puis Ziegler commence à raconter à Bill le même genre de truc diffusé par les médias quand quelqu’un a été sacrifié par l’élite : elle a fait une overdose, elle était droguée, ce n’était qu’une question de temps et la police n’y a rien trouvé de suspect.

Conclusion de la partie II

La deuxième partie de cette analyse s’est concentrée exclusivement sur la société anonyme secrète et ses rituels sur laquelle Bill tombe par hasard. Bien que rien d’explicite ne soit montré aux spectateurs, le symbolisme, les indices visuels et même la musique de EWS trahissent une facette de l’élite occulte rarement montrée aux masses. Non seulement le film dépeint les gens les plus puissants et les plus riches partageant des rituels occultes, il montre aussi comment ce cercle a aussi le pouvoir d’exploiter des esclaves, de traquer les gens et même de s’en sortir impunément avec les meurtres sacrificiels. Encore pire, les médias de masse sont complices en dissimulant leurs crimes.

La société secrète du film ressemble de près à l’infâme club Hellfire, où des figures politiques célèbres se retrouvent pour participer à des soirées sataniques élaborées. De nos jours, l’OTO et autres sociétés secrètes semblables pratiquent toujours des rituels impliquant une énergie physique qui est perçue comme un moyen d’atteindre un état d’illumination. Ce concept, tiré du yoga tantrique, est au cœur de sociétés secrètes modernes et puissantes. Bien qu’aucune ne soit mentionnée réellement dans EWS, le film tout entier peut être interprété comme un grand voyage « magique », caractérisé par un aller-retour entre des forces opposées : la vie et la mort, le désir et la souffrance, le masculin et le féminin, la lumière et les ténèbres, et ainsi de suite …se terminant en une gigantesque manifestation orgasmique conduisant à l’illumination. Cet aspect du film, accompagné d’autres détails cachés, sera analysé dans la troisième et dernière partie de cette série d’articles sur EWS.

Source
Traduit par le BBB.

Décodage du film de Kubrick Eyes Wide Shut [3ème partie] 

Voilà enfin la troisième et dernière partie du décodage du film de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut, par Vigilant Citizen.

Les messages plus ou moins cachés du film de Stanley Kubrick, « Eyes Wide Shut » (partie III)

Dans la troisième et dernière partie de cette série sur Eyes Wide Shut (EWS), nous allons étudier le voyage de Bill dans son intégralité et sa signification ésotérique sous-jacente. Nous verrons comment le symbolisme déposé par Kubrick relie toutes les femmes du film, faisant des rencontres de Bill une exploration à plusieurs facettes du principe féminin.

  Note: Il est recommandé de lire d’abord la première et la deuxième partie de cette série.

Les parties précédentes de EWS n’étaient consacrées qu’à la société secrète découverte par Bill. Le club de l’élite, fréquenté par les gens les plus puissants du monde, trempe dans le satanisme, la magie noire et même les sacrifices rituels. Aidé par son ami Nightingale, Bill s’infiltre dans l’un des rituels occultes de la société et assiste à une cérémonie présidée par un grand prêtre. Puis s’ensuit une orgie.

Dans le second article, j’ai expliqué comment dans la vraie vie, des sociétés secrètes, comme le Hellfire club et le O.T.O (Ordo Templi Orientis), pratiquent en fait ce genre de rituels. Les principes occultes qui y sont rattachés dérivent du yoga tantrique, où l’énergie est générée par une stimulation physique qui sert à atteindre un « état supérieur ». Ce concept fut réutilisé (et peut-être corrompu) par Aleister Crowley qui le nommait « Magie sexuelle ». Selon lui et ses adeptes, la connaissance de ce type de magie était le plus grand secret des anciennes sociétés secrètes et n’était dévoilé qu’aux plus hauts initiés.

On ne trouve pourtant aucune mention (directe) de tout ceci dans EWS. En fait, la cérémonie à laquelle assiste Bill, avec sa chorégraphie élaborée et sa musique glaçante, apparaît comme une pièce de théâtre grandiose, vide et factice qui n’existe que pour donner à des gens riches une sorte de raison mystique de se livrer à une débauche gratuite. Alors que Kubrick a dépouillé le rituel occulte de son côté ésotérique, de sa signification « magique », il y a fait baigner le film tout entier. En regardant le rythme du film, le voyage de Bill et les gens qu’il rencontre, il devient plus ou moins apparent que la « magie » ne se passe pas pendant le rituel lui-même, mais pendant toute la durée du film. Kubrick était-il initié à des secrets occultes ? Essayait-il de les communiquer par son film ? Regardons les concepts derrière le rituel.

Éveil de la kundalini

Le concept de magie par les forces de la reproduction semblerait provenir d’anciennes pratiques rituelles, car des traces de celui-ci peuvent être trouvées dans l’hindouisme, le taoïsme et dans les sociétés secrètes moyenâgeuses, comme celle des Chevaliers du Temple. Dans le monde occidental actuel, l’OTO serait, comme le prétendait Aleister Crowley et son acolyte, Théodore Reuss, l’héritier de ce mouvement.

« Théodore Reuss était tout à fait catégorique : l’OTO était un groupe d’initiés aux mains desquels se concentrait la connaissance secrète de tous les ordres orientaux et de tous les degrés maçonniques existant. (…) L’ordre avait « redécouvert » le grand secret des Chevaliers du Temple, la magie sexuelle, pas la simple clé de l’ancienne tradition hermétique égyptienne, mais celle de tous les secrets de la nature, de tout le symbolisme de la Franc-Maçonnerie et de tous les systèmes de religion. »

– Peter Tomkins, The Magic of Obelisks (La Magie des Obélisques)

Le principe de base derrière ce « grand secret » est l’éveil de la kundalini ou « force vitale », énergie pouvant servir à des fins de magie.

« Dans toute magie tantrique, la condition nécessaire essentielle – que ce soit par l’extase des couples ou le rituel en solo d’un prêtresse – impliquait l’éveil d’une énergie connue comme le serpent de feu, ou kundalini. Cette énergie mystérieuse décrite comme siégeant inactive à la base des sept chakras peut être stimulée par deux méthodes distinctes, appelées traditionnellement, voie de droite et voie de gauche. La droite alloue une suprématie au principe masculin, la gauche au féminin. Quand, selon les clairvoyants, le pouvoir du serpent est stimulé, il grimpe le long de la colonne vertébrale de l’adepte, énergisant chaque chakra, jusqu’à émerger au crâne – symboliquement sous la forme d’une tête de serpent que l’on voit clairement dépeinte dans la statuaire égyptienne.

(…)

Selon la description des adeptes de la montée du serpent, ce dernier s’unit au « chakra aux multiples pétales de la région cérébrale » pour apporter l’illumination – ou forme la plus élevée de l’initiation – quand le courant « passe de la dualité à l’unité en inversant la voie prise à l’origine par les chakras pour procréer l’humanité ».

Des détails de l’initiation de l’OTO par le tantra hindou et tibétain, qui comprend des cérémonies impliquant l’usage « d’exsudation » par une prêtresse spécialement formée, furent apportés à la connaissance du public par un adepte de Crowley, Kenneth Grant. Des courtisanes sacrées, expertes en érotisme rituel, connues en Inde sous le nom de danseuses professionnelles (…) étaient particulièrement honorées. »

– Ibid.

Tandis que les courtisanes sacrées étaient « particulièrement honorées » dans l’ésotérisme oriental, les ordres magiques actuels utilisent des esclaves sous programmation Beta et s’en débarrassent quand ils en ont fini avec elles. En bref, l’inverse exact de « particulièrement honorées ».

La montée de la kundalini, concept derrière la magie tantrique, est parfaitement représenté par un dessin, la description du Baphomet d’Eliphas Lévi.

Cette célèbre représentation de Baphomet inclut tous les symboles derrière la magie sexuelle – l’éveil de la kundalini (montré par le pôle phallique encadré de deux serpents) par l’union des deux forces opposées. La torche au-dessus de la tête de bouc représente l’illumination.

Qu’est-ce que tout ceci a à voir avec EWS ? Au premier abord, pas grand-chose. En voyant dans le film un rituel impliquant des « courtisanes sacrées », il n’est fait nulle part mention d’un « éveil de la kundalini » durant tout le processus. Si nous regardons cependant de plus près le voyage de Bill dans sa totalité, du début à la fin du film, nous réalisons que le vrai rituel ne se passe pas dans la résidence de l’élite, mais dans la tête de Bill. Quand il rencontre de nouvelles femmes et qu’il est exposé à de nouvelles opportunités, sa kundalini s’éveille – et Kubrick a ajouté des indices révélateurs.

Le film en tant que rituel

Alors que EWS semble ne parler que de sexualité, personne n’atteint jamais l’extase dans le film. Bien que Bill ait plusieurs occasions de satisfaire ses pulsions avec des femmes attirantes, cela n’arrive en fait jamais. Le film progressant, il y a cependant une augmentation manifeste du désir et de la concupiscence, mais Bill se débrouille pour les garder sous contrôle. Gérer cette « force vitale » est au cœur de la magie tantrique. Le film remémore constamment aux spectateurs ce processus à plusieurs reprises quand Bill imagine sa femme dans les bras de l’officier de la marine. Chaque flash est de plus en plus intense – allant du baiser à une totale relation sexuelle.

Pendant que le film avance, les flashs de l’infidélité d’Alice deviennent de plus en plus intenses. Vers la fin du film, elle est sur le point d’atteindre l’orgasme. Ces scènes reflètent l’éveil de la kundalini de Bill. Avoir ces flashs est cause de souffrance et ils rappellent aux spectateurs que le voyage de Bill a débuté avec souffrance et humiliation.

Vers la fin du film, Bill est si excité qu’il se met à draguer et à « sauter » sur une totale inconnue, quelques minutes après l’avoir rencontrée. Bien que cette scène soit plutôt étrange et surréaliste, elle reflète sa « progression » dans le rituel.

Les toute dernières scènes du film concluent et définissent le voyage de Bill. Après avoir parcouru New York et s’être excité par toute sorte de trucs, Bill se retrouve face à face avec sa femme et lui exprime combien il est « éveillé » maintenant. Avec sa « force vitale » rechargée à bloc, Alice termine le film par une phrase complétant le rituel :

« – Je t’aime. Et tu sais, il y a quelque chose de très important que nous devons faire dès que possible.
– C’est quoi ?
– B***r ».

Terminer le film sur cette note particulière suggère que la totalité du voyage a été d’une intensité croissante, qui a conduit finalement à une extase « chargée de magie », le but de la magie de Crowley.

Le voyage de Bill n’a pas été pourtant de tout repos. Pendant le déroulement du film, on voit de constants va-et-vient entre plaisir et souffrance, attraction et répulsion, vie et mort et ainsi de suite. La voie n’est que dualité et, juste comme les parquets des loges maçonniques sont carrelées de noir et blanc, le voyage de Bill consiste à marcher alternativement sur des carreaux noirs et blancs – montrant la nature duelle de toutes choses.

Éros et Thanathos

La virée nocturne de Bill dans New York est caractérisée par de multiples rencontres avec le genre féminin – chacune des femmes lui permettant de « guérir » son cœur brisé. Chaque rencontre porte aussi un aspect potentiellement destructeur, qui contre-balance sa séduction et son attrait. Alors que Bill espère procréer, il voit que ses pulsions engendrent souffrance et même mort. Le voyage de Bill est par conséquent un va-et-vient entre les deux impulsions de base de l’homme définies par Freud : Éros et Thanathos.

Freud voyait en Éros l’instinct de vie, l’amour et la sexualité dans son sens le plus large et en Thanathos l’instinct de mort, d’agression. Éros est un moteur d’attraction et de reproduction ; Thanathos de répulsion et de mort. L’un mène à la reproduction de l’espèce, l’autre vers sa propre destruction. Bien que chacune des rencontres de Bill promette une douce tentation sexuelle, elle possède aussi une contrepartie destructrice.

La première rencontre de Bill survient quand il rend visite à l’un de ses patients habituels qui vient de mourir. La fille du patient décédé embrasse Bill et lui dit qu’elle l’aime. Nous voyons donc dans cette scène la juxtaposition des concepts de plaisir et d’un désir de mort. Aussi, si Bill est allé avec cette femme, il blesserait finalement son mari – un autre mauvais penchant si on succombe au désir.

Chaque rencontre féminine de Bill promet une gratification, mais finit par être interrompue par quelque chose de négatif, comme la culpabilité ou un danger potentiel. Aussi, à chaque fois que Bill est en contact avec des aspects sordides bien que tentants du désir (prostitution ou esclavage), il en découvre vite le côté sombre, exploiteur et destructeur.

Par exemple, juste après qu’il ait apprécié les « délices » de la vision de Chatons MK au travail pendant le rituel de l’élite, quand il retourne rendre son costume, il en voit immédiatement le côté obscur. Le propriétaire du magasin, qui a attrapé sa fille mineure avec deux hommes d’affaire asiatiques et qui en a été scandalisé, a changé soudainement d’avis.

Debout derrière le comptoir de son magasin, le propriétaire du magasin vend sa fille mineure comme si elle était un nouveau produit. Après avoir joui d’esclaves masquées dans les extravagants rituels, Bill voit l’autre facette du « commerce » : des jeunes filles vendues par des exploiteurs dans un système qui s’engraisse sur le dos de mineures, les transformant en esclaves MK. Est-ce pour cette raison que ce magasin a été nommé « Arc-en-ciel » ?

Le voyage de Bill est donc un voyage qui fait continuellement alterner le charme primaire du désir et les constructions sociales destructrices qui ont été érigées autour. Il n’y a rien de plus basique et instinctif que l’attraction charnelle, mais notre monde moderne a rendu ces relations complexes, les a emprisonnées dans des règles et en a fait une exploitation. Alors que le désir est la voie naturelle qui pousse les humains à procréer, les constructions sociales ont créé autour de cette pulsion primaire toute sorte de fétichismes, distorsions, jeux et perversions…au point qu’elle a été dénaturée et rabaissée en une obsession malsaine.

Pendant que Bill oscille entre la joie et la douleur, le mariage monogame et une débauche anonyme, nous remarquons qu’il existe un thème commun unissant ses diverses rencontres.

Les femmes rousses

Les femmes les plus importantes du film sont la femme de Bill, sa fille Héléna, Amanda (l’esclave Beta qui a été sacrifiée pendant le rituel) et Domino (une prostituée qu’il a rencontré dans la rue). Les trois femmes adultes sont quelque peu semblables physiquement, car elles sont grandes, bien proportionnées et ont des cheveux roux. Elles semblent aussi reliées à un « autre niveau ».

Alors qu’Alice est une dame respectable, de la haute société, elle vit en utilisant son physique dans une relation sans amour, un peu ce que fait une prostituée. D’un autre côté, le temps passé entre Bill et Domino est agréable et tendre, un peu comme cela se passe dans une relation aimante. Alice n’est donc pas très différente de Domino et vice-versa.

Il y a aussi des liens avec Amanda. Bien qu’Alice n’était (probablement) pas présente pendant le rituel occulte auquel Bill a assisté, quand il en revient, elle lui fait part d’un rêve qui ressemble à ce dont il a été témoin et qu’Amanda vient de vivre.

« Il m’embrassait. Ensuite nous avons fait l’amour. Après il y a eu ces autres gens autour de nous, des centaines, partout. Tout le monde b****ait. Et ensuite moi…je b****ais avec d’autres hommes. Beaucoup. Je ne sais pas avec combien je suis allée. Et je savais que tu pouvais me voir dans les bras de tous ces hommes…en train de b****er avec tous ces hommes ».

Le rêve d’Alice la « met en lien » avec Amanda qui assistait au rituel et qui a vécu le rêve d’Alice dans la réalité.

Le lendemain du rituel, Bill trouve son masque en train de bizarrement « dormir » près de sa femme. Est-ce la manière de dire d’Alice qu’elle est consciente de ce qui se passe ? Peut-être y participe-t-elle ? Est-ce un avertissement de la société secrète ? Alice ne mentionne jamais le masque, je pense donc que nous ne le saurons jamais.

Domino était-elle au rituel ? Il est également intéressant de souligner que le « Domino » est une sorte de masque utilisé dans ce genre de rassemblement.

Un masque Domino

En regardant de plus près le « cercle magique » formé par les femmes du rituel, nous pouvons identifier quelques femmes qui pourraient être Domino. Le lendemain du rituel, Bill va chez Domino avec un cadeau, mais sa colocataire l’informe qu’elle est séro-positive au HIV… et qu’il est possible qu’elle ne revienne jamais. Est-ce vrai ou Domino était-elle une nouvelle « victime » du voyage de Bill ? Comme Amanda et Nightingale, Domino disparaît mystérieusement après le rituel.

Le fait que ces femmes aient toutes un point commun révèle un fait fondamental : le voyage de Bill ne concerne pas une femme en particulier, il parle du principe féminin dans son ensemble. C’est une quête ésotérique pour comprendre et « être un avec » le principe féminin qui est son propre opposé.

Héléna dans le même sillage ?

Tout au long du film, on nous montre Héléna (la fille de Bill) qui se prépare à être une autre Alice. Il y a aussi des indices reliant Héléna à Domino. Par exemple il y a une poussette devant l’appartement de Domino et à la fin du film, dans le magasin de jouets, Héléna est très intéressée par une poussette et la montre à sa mère.

Domino sur son lit avec un félin en peluche, symbole de la programmation Chaton Beta.
Une rangée entière du même jouet dans le magasin où Héléna accompagne ses parents à la fin du film.

Il y a aussi quelque chose d’étrange dans la scène ci-dessus : les deux hommes derrière Héléna assistaient à la soirée de Ziegler au tout début du film.

Les deux hommes à la soirée de Ziegler : mêmes cheveux, même stature physique et le gars à droite porte des lunettes identiques.

Pourquoi ces deux hommes se trouvent-ils dans le magasin à regarder les jouets ? New York est-elle une si petite ville ? Kubrick manquait-il de figurants dans cette scène ? Probablement pas. Se pourrait-il qu’ils fassent partie de la société secrète qui suit Bill et sa famille ? Fait étrange : quand les hommes s’en vont et disparaissent de la prise de vue, Héléna semble les suivre…et nous ne la voyons plus jusqu’à la fin du film. La caméra zoome en effet sur Alice et Bill, qui sont complètement absorbés par eux-mêmes. Est-ce un moyen TRÈS subtil pour dire que leur fille va être entraînée dans et par le système d’esclavage Beta de la société secrète ? Autre énigme.

En Conclusion

Les œuvres de Stanley Kubrick ne sont jamais consacrées uniquement à l’amour ou aux relations. Le symbolisme et l’imagerie méticuleux de ses œuvres communiquent souvent une autre dimension de signification – qui transcende le personnel pour devenir un commentaire sur notre époque et notre civilisation. Et, dans cette période de transition entre la fin du 20ème siècle et le début du 21ème, Kubrick a conté l’histoire d’un homme perturbé qui déambule, en recherche désespérée d’un moyen de satisfaire ses pulsions primaires. Kubrick a raconté l’histoire d’une société complètement avilie et corrompue par des forces cachées, où la pulsion primaire primordiale de l’humanité – la procréation – a été dévalorisée, fétichisée, pervertie et exploitée au point qu’elle en a perdu toute sa beauté. Au sommet du monde se trouve une société secrète qui se révèle dans ce contexte et y prospère. Le regard de Kubrick sur la question n’était assurément pas idéaliste ni très optimiste.

Son triste conte tourne autour d’un simple homme, Bill, qui recherche quelque chose d’indéfinissable. Même s’il semble tout posséder, quelque chose manque à sa vie. Quelque chose de viscéral et de fondamental qui n’est jamais mis en mots, mais qui est tout à fait palpable. Bill ne peut être complet s’il n’est pas en paix avec son opposé : le principe féminin. La quête de Bill, par conséquent, suit le principe ésotérique d’une réunion de deux forces opposées en une seule. Comme suggéré par les dernières images du film, Bill se retrouve finalement « être un » et s’unit physiquement à sa femme. Après quoi, le processus alchimique et le rituel tantrique seront terminés. Cependant, comme le communique Kubrick quelque part dans la scène finale, même si ces deux personnes extrêmement absorbées par elles-mêmes, égoïstes et superficielles pensent avoir atteint une sorte d’épiphanie, qu’est-ce que cela change réellement ? Notre civilisation toute entière a toujours les yeux grand fermés…et c’était l’ultime message cinématographique de Kubrick.

Source

Traduit par le BBB.

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